Off the wall

2009 septembre 23
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par Bonnie

agnes

veganos

Les végétariens sont plus sexy

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reves

Personne ne peut rêver à ta place

Lisboa eléctrica

2009 septembre 19
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par Bonnie

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Un soir au Bairro Alto

2009 septembre 18
par Bonnie
Là où bat le coeur de Lisbonne

Là où bat le coeur de Lisbonne

Forever young

December's children (and everybody's)... are forever young

But seriously ?!

2009 juillet 26
par Bonnie

Alors que je suis allongée tranquille sur mon canapé, l’ordinateur sur les genoux, se pressent dans ma cervelle quelques saynètes passées. A force de se presser, les pensées se cognent, comme dans le métro, souvent sans se connaître, déboîtent inopinément par la gauche, se donnent des coups d’épaules, font des étincelles, décélèrent parfois, pourraient même en venir aux mains si elles daignaient s’arrêter. Mais elles ne daignent pas, les pensées, elles ne s’arrêtent jamais, elles ne font que fulminer, puis filer. Je ne voudrais pas finir ce dimanche soir les neurones en court-circuit, ces traces de freinage d’urgence plein les hémisphères, je préfère prévenir. Me voilà à écrire ces lignes, comme on enfile des perles, à la suite, sans réflexion sur la structure du discours – mon perfectionnisme rampant – mais quoi de plus normal, finalement ? A l’évidence, le sujet qui m’occupe ici récuse toute idée de logique et de structure.

Je me souviens de mon premier petit ami. “Sérieux” comme on dit, on y reviendra. Moi, j’ai du mal à le qualifier ainsi, parce qu’à mes oreilles, “sérieux” sonne plutôt comme “qui donne envie de se pendre”. Le premier dictionnaire venu sur Internet dit à peu près la même chose :

sérieux

adj. sérieux, sérieuse (lat. serius)

1. Qui agit avec réflexion, avec application : Une employée sérieuse (appliqué, consciencieux, soigneux).

2. Sur quoi on peut se fonder : Il a des arguments sérieux pour refuser (solide, valable). Des études sérieuses faites par des scientifiques (fiable, sûr).

3. Qui ne plaisante pas ; dont le comportement est grave, austère : Essayez d’être un peu sérieux. Prendre un ton sérieux (posé, sévère, solennel; badin, enjoué, léger).

4. (Avant ou après le n.). Qui peut avoir des suites fâcheuses ; préoccupant : De sérieux troubles de la vision (dangereux, grave, inquiétant).

5. (Avant le n.). Qui est important en qualité ou en quantité : Vous devez faire de sérieux efforts (considérable; dérisoire). Ils en ont retiré une sérieuse plus-value (colossal, fabuleux; négligeable).

6. Qui ne fait pas d’écart de conduite : Une fille sérieuse (sage, vertueux; frivole, inconséquent).

Ambiance.

Donc, mon premier petit ami “sérieux” dans le sens 7. tacitement admis - (après le n.) Avec qui tu couches régulièrement, tout le monde est au courant de l’affaire et personne dans l’assemblée ne s’y oppose – me largue par téléphone une semaine après mes vingt ans, après deux ans de relation sous le prétexte que l’histoire devenait trop “sérieuse” pour lui. Que si on continuait sur cette route, on allait se “marier” – ce qui est une suite pour le moins fâcheuse, un peu comme une maladie tu vois, ainsi que nous le rappelle opportunément le point 4. sus-cité.

P. avait 22 ans, la fougue de la jeunesse, et une “sérieuse” envie de courir du genre 5. (avant le n.) : importante en quantité, un peu comme ses hormones mâles, considérable, colossale, un peu comme sa… Bon, bref. Il a continué, me qualifiant de fille “sérieuse” au sens 6. du terme. Une fille sage et vertueuse, qui ne fait pas d’écart de conduite. Une fille qui mérite qu’on la marie, comme on disait jadis, à la forme passive pour indiquer le degré de souveraineté intellectuelle et physique qu’on veut bien t’accorder. Il pensait bien faire, il pensait me consoler. Pire, il pensait me flatter. J’ai hurlé. Alors il a pensé que je l’aimais.

Une de mes bonnes amies a rencontré récemment un homme d’environ trente ans, autant dire presque un adulte. L’histoire m’a intriguée dès ses prémices, puisque le garçon ne provoquait chez elle aucune attirance amoureuse spontanée, rien qui ne correspondît à ses critères, rien sinon cette drôle de complicité amicale quasi-instantanée. Quoi, qu’entends-je, que lis-je, des critères ??? Les filles, arrêtez avec vos critères, l’amour n’est pas une liste à cocher, voyez au-delà des critères, bordel ! Peut-être que le mec est gentil, et vous ne le voyez même pas tiens, comme il est gentil, toutes occupées à recenser les critères. Ma bonne amie a un meilleur caractère que le mien et sur la base du discours précédent, elle décida de répondre aux avances de l’homme qui devenait pressant. De voir au-delà des critères, comme on contemple la mer au loin, la main en visière.

Ouais. De donner sa chance au produit, quoi. Et puis, elle était seule et voulait prendre un peu de bon temps, alors pourquoi pas ? Moi qui suis rompue aux incendies de forêt, le coup de la ballade sur le lac, j’attendais de voir. Mais sans a priori, hein. J’étais prête à changer d’avis même, fatiguée que je suis d’habiter dans un Canadair. La maladresse – à tous niveaux – du garçon nous confortait d’ailleurs dans l’idée qu’il devait vraiment être très gentil, le bougre. Après quelques rendez-vous, la relation se distendit et elle chercha légitimement à savoir pourquoi. Le gentil s’empara alors de sa plus belle plume pour se lancer dans un verbiage fumeux, où une “authentique franchise” (sic) lui commandait d’arrêter de la voir, car elle était si “formidable” qu’il ne pouvait lui garantir le “sérieux” de la relation, à cause de ses “nombreuses activités” (piscine, maquettisme, Meetic ??).

Chambord en 20 000 allumettes : c'est que ça prend du temps, ces conneries

Chambord en 20 000 allumettes : ça prend un temps, t'imagines pas

Elle lui opposa en retour la réciprocité de cette non-réciprocité, d’une ironie laconique. Il ne la capta apparemment pas, au vu des litres de smileys qui inondaient sa dernière réponse :-)))))))) Si soulagé de ne pas passer pour le salaud de service. Sans comprendre qu’il était trop pathétique pour prétendre un instant à ce titre. Car lui seul avait les oreilles qui bourdonnaient de l’alerte “relation sérieuse” de niveau 3, c’est-à-dire du sérieux qui plaisante pas.

Merci de rendre immédiatement le trentenaire à sa maman.

Je me souviens de ce mail de rupture reçu il y a dix ans :
“Je crois que tu m’idéalises beaucoup et ça m’inquiète”.
Sans rire – sérieux, donc.
Celui-ci n’a jamais cessé de me relancer depuis. Là, il vient de se manger cinq portes en un mois. Sérieuses, les portes. En chêne massif, d’une fiabilité de type 2. Et balancées comme décrit en point 1, avec application. Il n’a pas compris. Il continue. Ça m’inquiète. Mais je rigole bien. Je ne suis pas une fille très sérieuse, tu vois.

Le chêne massif, un matériau noble et chaleureux

Le chêne, un matériau noble et chaleureux pour vos portes

Je me souviens de F. que je voulais à tout prix, et derrière qui j’ai cavalé en pleine conscience. Je me souviens d’un premier dîner dans un deux-étoiles de son choix, je me souviens de ses doigts qui claquaient dans le ciel : “Dom Perignon 95 !” Je me souviens de ses premières phrases : “Tu sais, le mariage, les gosses, le monospace… Très peu pour moi.” Et je sais qu’il se souvient encore de la mienne : “Peut-on coucher ensemble, déjà ? Et après, je te dirai si j’en veux, de tes gamètes.

Je me souviens de X. qui avait toutes les raisons du monde de me dire que ce n’était pas sérieux – pas régulier et personne au courant. Et qui a eu la classe de ne pas le faire, parce que j’étais suffisamment intelligente pour le comprendre par moi-même. On s’est vus longtemps.

Je me souviens de S. Il m’a écrit : “Il y a beaucoup de femmes qui traversent mes nuits, aucune n’est une vraie rencontre. Toi, tu es une vraie rencontre, tu es de celles qu’on épouse, pas de celles qu’on met entre ses draps”. J’ai hurlé.

Je l’aimais.

Los amorosos – Jaime Sabines

2009 juillet 18
mots-clés :
par Bonnie

Les amoureux

Les amoureux se taisent.

L’amour est le silence le plus délicat,
le plus tremblant, le plus insupportable.
Les amoureux cherchent,
les amoureux sont ceux qui abandonnent,
qui changent, ils sont ceux qui oublient.

Leur cœur leur dit qu’ils ne trouveront jamais,
ils ne trouvent pas, ils cherchent.
Les amoureux vont comme des fous
parce qu’ils sont seuls, seuls, seuls,
à s’abandonner, à se donner à tout moment,
pleurant parce qu’ils ne sauvent pas l’amour.

L’amour les préoccupe. Les amoureux
vivent au jour le jour, ils ne peuvent, ils ne savent pas faire autrement.
Toujours ils s’en vont,
toujours, vers quelque part.
Ils attendent,
ils n’attendent rien mais ils attendent.

Ils savent qu’ils ne trouveront jamais.
L’amour est le prolongement perpétuel,
toujours le prochain pas, l’autre, et puis l’autre.

Les amoureux sont les insatiables,
ceux qui toujours – c’est drôle ! – seront seuls.
Les amoureux sont l’Hydre de l’histoire.

Ils ont des serpents à la place des bras.
Les veines de leur cou enflent
comme des serpents aussi pour les asphyxier.
Les amoureux ne peuvent pas dormir
parce que s’ils s’endorment les vers les dévoreront.
Dans l’obscurité ils ouvrent les yeux
et la terreur leur tombe dessus.
Ils trouvent des scorpions sous les draps

et leur lit flotte comme sur un lac.

Les amoureux sont fous, ils ne sont que fous,
sans dieu et sans diable.
Les amoureux sortent de leur caverne
tremblants, affamés,
pour chasser les fantômes.
Ils se rient de ceux qui savent tout,
de ceux qui aiment à perpétuité, pour de vrai,
de ceux qui croient que l’amour est une lampe à l’huile inépuisable.

Les amoureux jouent à attraper l’eau,
à tatouer la brume, à ne pas s’en aller.
Ils jouent au long, au triste jeu de l’amour.
Personne ne doit se résigner.
Ils disent que personne ne doit se résigner.
Les amoureux rougissent de toute conformation.

Vides, mais vides de part en part,
la mort fermente derrière leurs yeux,
et ils marchent, ils pleurent jusqu’à l’aube
des trains et des coqs prenant leur douloureux congé.

Ils sentent parfois le parfum d’une terre qui vient de naître,
l’odeur de femmes qui dorment une main sur le sexe, satisfaites,
le parfum de sources tendres et de cuisine.
Les amoureux se mettent à fredonner une chanson
qu’ils n’ont pas apprise.
Et ils s’en vont pleurant, pleurant
la vie merveilleuse.

Traduction (et quelle traduction !) : Annabelle Cerezo

jaime-sabines

A la cool

2009 juin 29
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par Bonnie

dimanche-paris

wharol

dimanche-cops

Let the sunshine in

2009 juin 23
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par Bonnie

“Je voudrais être cet arbre qui accepte de se laisser transpercer par la lumière. Ça fait mal, tu crois, d’être transpercée de la sorte ?”

Bords de Marne - Juin 2009

Bords de Marne - Juin 2009

Certainement moins que de rester tapie dans un coin sombre, sans bouger. A force, tu as fini par te convaincre des bienfaits de l’impassibilité, tu t’amuses à l’envisager comme du hiératisme. Le soir, tu joues à compter tes respirations accroupie sur un petit coussin de méditation, tu aspires à la frugalité des sentiments, au détachement qui rassérène, au renoncement même, comme une élégance de l’esprit, un carmel moderne. Mi-d’Avila, mi-Dalaï-Lama. Ne manquent plus que le rosaire et la cornette, car le mantra lui, est bien là, prêt à dérouler son adresse à l’ankylose : si tu ne bouges pas – inspir – il ne t’arrivera rien, rien de pointu, rien d’acéré, rien de tranchant, rien qui ne blesse – expir – et tu seras enfin à l’abri – vapeurs d’encens.

Que tu croyais.

A l’abri oui, tu l’es. De la lumière surtout. T’as arrêté de synthétiser la vitamine D à force, arrêté d’écrire, tu te sens flétrir sur pied, et tu finis par penser que c’est normal, après tout, comme destin de plante verte. Tu as bien vécu hein, tu as foisonné même, une vraie tubéreuse. Sois-en reconnaissante, merci Dieu, Bouddha, qui tu voudras, souviens-toi des parfums et laisse la place aux jeunes pousses. Inspir – expir – vapeurs d’encens.

A l’abri, disais-tu ? Tu as assez de pierres sur l’estomac pour t’en faire un nouveau chapelet, très jolies ces pierres dis-moi, passe-les donc autour du cou en collier qu’on te voie ployer comme sous la croix. Tu ne pourras plus bouger ; telle était ton aspiration et elle est comblée, au-delà de toute espérance. Et toi alors, es-tu comblée ? Du détachement, tu n’as qu’un ersatz creux, en forme de vide et d’absence. En fait de créature éthérée, tu es devenue fantôme. Et tu vas te choper un rachitisme tout pourri en plus, un mauvais scorbut ou n’importe quelle autre de ces pathologies qui te fascinaient gamine, dans les manuels d’histoire. Une de ces maladies de marins au long cours, de ces carences qui dégénèrent en silence dans le secret de tes cellules, si l’on n’y prend pas garde.

Méthode Coué : si tu ne bouges pas, ça oui pour sûr, il ne t’arrivera rien – rien de pointu, d’acéré, de tranchant, rien qui ne blesse ; il ne t’arrivera rien tout court d’ailleurs et tu auras mal quand même.

Coué mon cul. J’ai trop peur.
Même de livrer ce genre de texte ici tiens, j’ai peur. Dire que je n’ai pas soupesé chaque virgule, que je n’ai pas cherché sans cesse le bon mot, dire que que ce texte pourrait être tout aussi triste, mais bien meilleur. Le dire, l’écrire, le publier quand même. Soyez pas vaches.

Un clin d’oeil à Airuos que je ne connais pas, mais dont j’aime les billets comme des instantanés simples et très gracieux, aux références toujours justes et choisies. Sans le savoir, à sa façon, elle m’engage à la spontanéité.

Mélange des genres

2009 mai 2

Entendu aujourd’hui : Iñaki Gil, directeur adjoint du journal espagnol Gala El Mundo, nous livre les clés géopolitiques pour mieux comprendre la portée de la récente visite du couple présidentiel français en Espagne. Car oui, il faut savoir que :

“Carla Bruni est une figure importante
du SHOW-BUSINESS POLITIQUE international”.

Bien parties pour changer la face du monde

Les habits neufs des impératrices

Aucun second degré perceptible dans le propos d’Iñaki. Sans doute était-il planqué sous l’accent prononcé de l’ibère éditorialiste, que j’imite très mal à l’écrit – et j’en suis fort marrie parce que c’était bien rigolo à l’oreille, crois-moi.

Ça me donne envie de réécouter la B.O. de Prêt-à-porter, la satire de Robert Altman sur le milieu de la mode (1994). Quinze ans après, la chanson n’a pas pris une ride. A quand Ini Kamoze aux platines du G8 ?? – parce que pour la chorégraphie, c’est bon hein, la France est taquet.

Les plages d’agnès b.

2009 avril 19
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par Bonnie

J’ai un rapport ambigu avec agnès b. Je me souviens, adolescente, de ses silhouettes simples et modernes dans les magazines : je voulais en être, moi aussi ! Mes souvenirs d’agnès sont souvent noirs et blancs, inspirés du vestiaire masculin : une chemise de popeline immaculée, un petit feutre façon Blues Brothers, un spencer en cuir boutonnage officier, un pantalon droit. Mes souvenirs d’agnès sont rayés comme ses t-shirts, à pressions comme ses cardigans molletonnés. Mes souvenirs sont légers et colorés parfois, comme une robe d’été en crépon.

Chapeau Django agnès b.

Chapeau Django agnès b.

Je voulais en être, mais c’est comme si agnes ne voulait pas que j’en fusse. Ses magasins m’impressionnaient, ses vendeurs me tétanisaient, sa clientèle m’attirait et m’horripilait – cette bourgeoisie si décontractée, cette décontraction trop bourgeoise, l’aisance de ces beaux jeunes gens blonds, accompagnés par leurs parents qui eux-même l’avaient un jour été, beaux et blonds  - et ses prix me flinguaient. Mais je persistais, dans le corner des Galeries Lafayette, dans ses boutiques rue du Jour, rue du Vieux Colombier, chaperonnée par ma propre mère. J’essayais des fringues qui ne m’allaient jamais, mais je pensais que c’était moi qui n’allait pas aux fringues. Ma mère ne manquait pas de me le dire d’ailleurs, son écho pincé dans mon pas, son allure un peu gauche et le sac bien plaqué contre son flanc.

Défilé agnès b. automne-hiver 2008-2009 : j'aime beaucoup

Défilé agnès b. automne-hiver 2008-2009 : j'aime bien

Assurément, nous n’étions ni blondes, ni bourgeoises, ni décontractées, t’imagines ! Je la détestais de me jeter la cruelle vérité pleine face. Et je me détestais de la détester, forcément. Têtue pourtant, je repartais parfois avec un t-shirt qui gagnait ma penderie pour étrangement ne plus jamais en ressortir. Je me rabattais alors sur le maquillage et les parfums dans le catalogue du Club des Créateurs de Beauté ; à distance, il faut croire qu’on gagne en blondeur et en assurance. Je ne m’en contentai cependant pas, de ces produits sous licence que les marques offrent comme des pis-aller. Je n’y vois qu’un business de condescendance, à destination de ceux qui acceptent de toucher du doigt le rêve à défaut de pouvoir l’embrasser en entier. De guerre lasse, j’abandonnai alors agnès aux bourgeois et aux Japonais.

Un parfum d'adolescence...

Un parfum d'adolescence...

Ce sont ces souvenirs d’agnès que je décidai de confronter au portrait de la créatrice, “agnès de A. à b.”, réalisée par Serge July et diffusée sur France 5, dans la collection de documentaires Empreintes. Le temps passe et chez les bobos, la marque a été éclipsée depuis par d’autres griffes plus ou moins marantesques. Mais cette femme de 68 ans à l’éternelle allure de jeune fille continue de m’intriguer. De loin, j’aimais son engagement artistique, via sa galerie d’art et ses mécénats, son goût pour le rock, la photographie et le cinéma, ses prises de position politiques et associatives. Et j’étais curieuse de rencontrer quelqu’un derrière la multinationale, l’histoire d’Agnès Troublé, épouse Bourgois, dite agnès b. Calligraphiée en minuscules, qu’elle revendique comme un manifeste : “Je préfère le mode mineur au mode majeur.” Et c’est sur ce mode que l’histoire est contée, le mode de la confidence.

agnès b. par Kate Berry

agnès b. par Kate Berry

Agnès Andrée Marguerite Troublé grandit dans une famille versaillaise, entre une mère “dépressive, hystérique, noire” avec qui elle n’avait “aucune intimité de parole” et qu’elle dut vouvoyer dès l’âge de 3 ans, un père éternel adolescent qu’elle cherche à protéger et un oncle dont elle dit pudiquement qu’il l’aimait trop. Elle prend très vite l’habitude de s’échapper dans l’art quand elle est triste, car “l’art console” dit-elle. On sent chez elle une peine rentrée à l’évocation de son enfance, qui explique sa faible propension à la parole. C’est par le mariage qu’elle s’échappe finalement, à 18 ans à peine, avec l’éditeur Christian Bourgois. Elle intègre un milieu littéraire qui l’accable d’ennui et l’englue davantage dans le silence. Deux ans et deux enfants plus tard, elle le quitte et devient rédactrice de mode pour le magazine Elle, styliste free-lance chez Dorothée Bis. Sa rencontre avec Jean-René de Fleurieu, de neuf ans son cadet, est décisive. Il ressemble à une “peinture de la Renaissance” avec des boucles brunes et de grands yeux insistants. Elle reconnaît en ce jeune homme, mutique pareil, son âme soeur, son double, son amour fou. Son associé aussi. Ensemble, ils font deux enfants et avec quelques économies de famille, ouvrent boutique en 1975 dans le quartier des Halles. Elle se remet à parler.

La première boutique agnès b. rue du Jour à Paris

La première boutique agnès b. rue du Jour à Paris

Agnès est une jeune beauté blonde et hippie des années 70. Elle déambule en salopette Osh Kosh et panier d’osier, ses cheveux bouclés ramassés à la diable sous un chapeau de toile. Dans un document d’époque, elle raconte sa boutique avec un air nonchalant, les trente oiseaux bengali qui y volent en liberté, son envie de faire des vêtements intemporels, son goût pour les vêtements de travail : le pantalon de peintre, la veste de serveur… qu’elle revisite à sa façon. “J’aime les vêtements, la mode je m’en fous”. Ainsi naissent les basiques de la marque : le cardigan à pression, les rayures fines en 6 / 6, épaisses en 12 / 12…

Le cardigan agnès b.

Le cardigan agnès b.

Les années 80 marquent l’expansion à l’international, aux Etats-Unis et au Japon d’abord, menée par Fleurieu, en Chine ensuite par son fils Etienne Bourgois. Une période qu’on devine subie plus que choisie et logiquement, celle qui m’intéressa le moins. Je relevai juste un étrange mélange des genres, dans cet énorme concept-store à Tokyo, baptisé La Loggia du nom de la résidence de ses parents à Antibes, où les fantômes de la famille Troublé pendus aux murs observent ces clients, trop occupés à croquer des chocolats frappés du célèbre b. Je la préfère qui parle d’art et de cinéma, celui qu’elle habille, comme Reservoir Dogs ou Pulp Fiction, celui qu’elle soutient à la production, celui qu’elle fabrique. Car Agnes Troublé s’apprête à réaliser son premier long-métrage : “Un road-movie qui se déroule dans les Landes, au milieu de paysages sauvages. C’est l’histoire d’une petite fille qui a été abusée, et dont les parents seront interprétés par Sylvie Testud et Jacques Bonnafé.”

Harvey et ses potes, en chouettes costards agnès b.

Harvey et ses potes, en chouettes costards agnès b.

Le documentaire est à revoir gratuitement sur le site de France 5, pendant une semaine.

Fais comme l’oiseau

2009 avril 18
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par Bonnie

Entendu aujourd’hui, dans l’émission de Franz-Olivier Gisbert sur France 5, François Hollande s’exprimant sur les mesures du gouvernement pour la relance de la consommation :

“Ça n’apportera pas les hirondelles à tous les Français qui manquent cruellement…
d’une POULE AU POT.”

François H., poète naturaliste

François H., célèbre poète naturaliste, pendant une séance d'autographe

À ranger direct dans la série “Les métaphores qu’on adore”, merci François.