En attendant Gordon

2009 avril 14
par Bonnie

Hier, alors que j’étais en plein Six Degrees of Separation musical, l’évidence m’apparut soudain : je devais revisiter les oeuvres de Gordon Matthew Thomas Summer, aka Sting. Je dis ça pas pour faire mon Philippe Manoeuvre – malgré mes Way Farer Original – mais pour éviter toute confusion avec le catcheur du même pseudo, rapport à mes fidèles lectrices inconditionnelles du genre, Eve G. et L’Armadio del Delitto.

Viens là si t'es un Sting

Viens là si t'es un Sting

Mon Six Degrees m’avait menée de Pink Floyd à Kate Bush, via David Gilmour. De Kate Bush à Peter Gabriel, via le sublime duo Don’t Give Up sur So, un de mes albums-cultes. De Peter Gabriel à Sting, via Manu Katché, leur batteur commun à la fin des 80’s.

Viens là si t'es une Kate

Viens là si t'es une Kate

Et chez l’ancien leader de The Police, ce sont justement les premières années solo qui m’intéressent ici. J’étais petiote quand le groupe splita en 1984 : Les Enfants du Rock ou Platine 45 surdiffusaient le clip de Every Breath You Take en martelant que c’était la der des der. On venait à peine de faire connaissance, Gordon et moi, que déjà il se barrait. Si petiote, encore fragile, je ne méritais pas de souffrir. Et je regardais ce clip, secouant la tête sans comprendre, cognant mes petits poings rageurs contre le canapé, le coeur bourrelé de larmes. Bien plus que la chanson, c’est cette vidéo de l’archange Gordon qui incrusta la peine et le dépit dans mon jeune cerveau mou : sa contrebasse, sa ride du lion et son cheveu blond un peu filasse, à jamais nimbés dans du noir & blanc qui fait toujours classe.

Car musicalement, Every Breath… est vite devenu l’archétype du morceau usé jusqu’à la corde, écouté jusqu’à la lie. Comme Roxaaaaaanne d’ailleurs, que je ne supporte plus, tant je l’ai entendue massacrée reprise à la TV ou dans des bals populaires. Avec à chaque fois, l’air pénétré et douloureux de celui qui se sent investi du poids de la légende pop-rock. D’un pénible… Alors non, Roxanne, te sens vraiment pas obligée d’allumer la loupiote rouge, merci bien.

Bref. Nous quitter comme ça, Stewart (Copeland), Andy (Summers) et moi, c’était pendable. Alors, j’ai décidé de bouder. J’ai boudé pendant jusqu’en 1987. On s’est réconciliés avec … Nothing Like the Sun. Ce fut le grand amour sur The Soul Cages (1991), conte onirique à la mémoire du père défunt, dont j’aimais l’atmosphère à la fois bercée et tourmentée par les océans. Pour se fâcher encore et définitivement dans les mid-90’s, quand il a commencé sa période “Duos Prestige” à la Pavarotti & friends et se la péter sur ses performances sexuelles avec Trudie, décuplées grâce au yoga tantrique, soi-disant. En même temps, quand je regarde le corps de Gordon à la pratique avant un concert, j’ai bien envie de le croire hein. Mate un peu la souplesse du gars.

Dans mon histoire avec Gordon, manquaient donc The Dream of  the Blue Turtle (1985) et le double live Bring on the Night (1986). Je commençais chronologiquement, par le premier disque, et docilement, par le premier titre de sa track-list. Et dès les premières mesures, une seule joie ! Celle de la chanson retrouvée ! Celle dont tu avais oublié jusqu’à la simple existence ! Oui !
Si tu aimes quelqu’un / Libre libre / Laisse-le libre ! 

J’aime tout : le groove imparable, les musiciens surdoués, la ligne de basse doum doum dam dam dadoudam, la clarté du saxo, les effets spéciaux de la vidéo qui servent à rien – car incruster un groupe sur un fond de bibliothèque, ça sert à quoi, dis ? – les choristes si sexy que ça me donne des envies de spencer-bermuda immaculés, la veste improbable de Gordon, le bonheur de faire de la musique ensemble, blancs et noirs, le funk et le rythme des uns, le sens mélodique des autres, l’énergie contagieuse qui s’en dégage. Et voici donc Sting comme je le préfère, jazzy, funky et leader de groupe. Comme je l’avais presque oublié, à force de collaborations tordues comme la position du lotus. Le Sting de If You Love Somebody, et le même en version live sur 8 minutes de Bring On The Night proprement hallucinantes.

Pour la petite histoire, on trouve aussi sur The Dream Of… le gentil reggae Love is The Seventh Wave qui se termine par un clin d’oeil ironique à Every Breath You Take. Tends donc l’oreille, ça donne ça :

Every breath you take / Every move you make
(jusqu’ici, tout va bien…)
Every cake you bake / Every leg you break
(mouarf, humour anglais)

Reviens Gordon. Allez quoi. Je te pardonne Pavarotti, Trudie, et tous tes potes yogis. Je t’aime et libre libre, je te laisserai libre, promis.

Ceci n’est pas une page blanche

2009 avril 12
par Bonnie

 

Just Jack – Writer’s Block

 

Sept fois moi

2009 avril 5
par Bonnie

Eve G., blogueuse émérite et madone du brodequin, m’a incluse dans une chaîne de l’amitié d’un genre nouveau, dont le principe consiste à demander à trois élues de se dévoiler sur leur blog en un billet à sept points, puis passer le relais à trois autres chanceuses. Comme toute chaîne qui se respecte, rompre le mouvement te condamne à de sombres galères – Eve évoque sans détour la malédiction dite du Sarouel, dont la légende raconte qu’elle obligerait ses damnés et leur descendance à porter cette ignoble nippe qui flingue la silhouette. Eve, je ne te dis pas merci. Bref.

Sarouel-victims

Sarouel-victims

1 :: J’ai des cheveux superbes, indiscutablement. Ce sont ceux de mon père. Alors, on ne discute pas.

2 :: J’ai un gros-gros problème avec la cigarette. Depuis 5 ans, j’affiche au compteur une trentaine de sevrages tabagiques, aux durées oscillant entre 4 heures et 2 ans. Personne ne sait où j’en suis exactement, moi la première ai du mal à déterminer quel est mon statut du moment. Une confusion temporelle qui me permet de taxer facile une cigarette quand je ne fume pas, sans qu’on me roule de gros yeux, vu que tout le monde pense que je fume. A l’inverse, il arrive que certains s’excusent platement de cloper devant moi, avec courbettes et mine du tentateur coupable, alors que je m’adonne au vice sans compter. Jusqu’au petit matin où je me réveille avec le souffle de celle qui a passé la nuit à pousser des wagonnets dans Germinal. Je me rue alors ventre à terre chez mon pharmacien-dealer de patchs, qui se croit drôle à me dire “à très vite”, le salaud.

Je fume (pas)

Je fume (pas)

3 :: Je suis d’un naturel obstiné, voire mono-maniaque, notamment dans le domaine musical. Je peux écouter en boucle un même morceau des jours durant. Selon iTunes, j’aurais écouté 102 fois We Float de PJ Harvey, en l’espace de 5 jours – chanson d’une beauté irréelle, je te la conseille vivement. C’est une lubie dont je me sers indirectement pour créer ce que la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) appelle un point d’ancrage : il s’agit de relier un état interne à un stimulus, pour ensuite le provoquer à l’envi en sonnant le stimulus. Par exemple, le jour de l’élection de Barack Obama, je m’enquillais la discographie complète de New Order. Il me suffit désormais d’écouter Bizarre Love Triangle pour me remettre dans l’humeur béate de ce 4 novembre 2008, où je me retrouvai à beugler Yes we can ! au bureau et à croire en un avenir meilleur, tous ensemble sur l’open-space. Et même si la chanson n’a rien à voir avec la situation, ça marche quand même : c’est ça qui est fort.

4 :: Quand j’étais petite, ma mère m’interdisait de regarder Candy, parce que je pleurais tout le temps. J’en retire l’intime conviction que ce dessin animé aurait dû être interdit aux moins de 18 ans, tant il était calamiteux pour une psyché d’enfant en pleine construction. Car disons-le tout de go : Candy t’apprend que dans la vie, si – et surtout si – t’es gentille, les gens se servent de toi et il t’arrive plein de merdasses. Si tu t’appelles Candy, tu passes donc ton temps à te faire pourrir par ces saletés de Neal et Lizza, et à attendre un prince des collines débile en cornemuse et kilt Jean-Paul Gaultier qui se pointe jamais. Un scandale jamais dénoncé, une génération sacrifiée de trentenaires exposées dès leur plus jeune âge à cette vision toxique de l’aventure humaine, qui ploie a posteriori et en silence sous le trauma du manga.

Candy, sans déc', tu lui trouves quoi, à ce mec ??

Sans déc' Candy, tu lui trouves quoi à ce mec ?

5 :: J’ai une cicatrice d’appendicite d’environ 20 cm de long, un peu courbe, avec six points de suture de chaque côté. J’avais onze ans et j’ai bien cru me taper la hontasse de ma jeune vie à la clinique, quand mon père a blêmi en voyant la broderie au point de croix sur mon bidon et voulu faire la même au chirurgien, sur sa face. J’y suis très attachée maintenant, elle ressemble à une blessure de guerre, unique et beaucoup plus sexy qu’un pauvre tatouage simili-rebelle qui dépasse du bikini.

6 :: J’aimerais écrire un roman. Sur mon prince des collines. J’aimerais ne plus en avoir peur. J’aimerais que ça soit vrai, joli, passionné, triste, pudique, sensuel, ascétique, blessé, fier, debout, vivant, colère, drôle, profond, anonyme, incarné et pas chiant.

7 :: J’écoute du fado – je le mime même, avec mon pinceau à poudre libre en guise de micro. Notamment celui de sa grande prêtresse, l’unique et irremplaçable Amalia Rodrigues. Un merveilleux point d’ancrage encore, que j’ai découvert sur le tard, qui me ramène à la source et m’emplit de Saudade. Si tu ne connais pas, David Byrne en parle très bien dans l’introduction d’un documentaire à son sujet.

Voilà. Et pour finir, je déclare grandes gagnantes du prochain billet à sept points :
// Bulles d’Infos : même si je la connais, j’aimerais la voir pratiquer cet exercice de style. Héhé.
// La Mère Minos : parce que j’ai envie qu’elle nous parle sept fois d’elle.
// L’Armadio Del Delitto : car outre le goût très sûr, je sens un regard aigu et une vraie bienveillance dans chacun de ses posts.

Du baume au coeur

2009 avril 2
mots-clés : , ,
par Bonnie

Mieux qu’un livre, Les Choses de la Vie d’une Femme est un pur objet poétique. La quatrième de couverture dit qu’il est un vrai sac à main et c’est très juste. Un de ces sacs à surprises dont tu t’étonnes chaque jour qu’elles soient tiennes. Un joyeux bazar rempli de ces choses quotidiennes, dans lequel on fouille à pleines mains pour en ressortir souvent ce qu’on ne cherche pas : un rouge à lèvres au lieu du portable, les clés de la maison à la place du portefeuille, un carnet de notes en fait de poudrier… Un livre comme un sac à main, et ce sac à main comme une métaphore de ta vie, que tu adores et ne quittes pas, même si parfois il est lourd à t’en scier l’épaule.

Les Choses de la Vie d'une Femme - Françoize Boucher / Muriel Abadie

Les Choses de la Vie d'une Femme - Françoize Boucher / Muriel Abadie

Dans Les Choses de la Vie d’une Femme, on croise des ex, des coiffeurs, des esthéticiennes et des banquiers. On raconte le temps qui passe, la comédie de l’Entreprise, nos virées shopping, nos rêveries. On tombe sur un collant filé ou une recette de lapin aux pruneaux. On reconnaît nos envies de meurtres, nos coups de mou, nos espoirs. Les Choses de la Vie d’une Femme fait de notre quotidien une mini-oeuvre d’art, une succession d’instantanés : un moment, un objet, une rencontre a priori anodins révèlent soudain une grâce cachée, grâce à l’écriture faussement naïve et vraiment délicate de Françoize Boucher et aux dessins de Muriel Abadie, dont je trouve le trait à la fois chic, moderne et suranné. Oui, tout ça en même temps.

Miraculeuse Photocopieuse

Miraculeuse Photocopieuse (écrit trop petit je sais, mais c'est pour que tu voies bien les images)

Le livre-sac à main. Le livre-baume au coeur, de la “crème hydratendre”. Le livre-bulles de savon, bulles de champagne. Le livre plein de sourires, le livre anti-triste. Le petit livre rose, parce que je suis daltonienne parfois, j’oublie bêtement les couleurs, et celle-ci en particulier.

:: La réunion qui tourne mal ::

Au boulot hier matin
Dès neuf heures, mon joli patron m’a dit :
Mademoiselle Mademoiselle, nous allons rassembler
Tout le monde, pour un petit tour de table
Vraiment pas de bol ! La table était carrée !
Nous sommes tous restés coincés
Toute la journée, à essayer d’arrondir les angles
Même avec des outils super performants
Et des produits super innovants, on a mis un temps fou
A minuit enfin, quand quatre personnes n’en pouvant plus
Sont parties aux petits coins, j’ai pu me sauver
Voilà pourquoi mon Chéri-Chéri
Je rentre si tard ce soir !

Ce matin j’emporte ta tronçonneuse
Ta grande scie électrique et ta petite ponceuse
Attends-moi pour dîner ce soir

Merci à Françoize Boucher pour sa prompte réponse à la reprise de son travail en cet endroit. Allez visiter son blog dont l’univers est créatif pareil, toujours aérien et terriblement gracieux. Et je m’en vais découvrir son nouveau titre Grâce à ce Livre (Editions Horay, comme Les Choses…), pour les filles et les garçons, dans toutes les bonnes librairie de la vraie vie ou directement en ligne par là.

Grâce à ce Livre - Françoize Boucher / Muriel Abadie

Grâce à ce Livre - Françoize Boucher / Muriel Abadie (Editions Horay)

Bono, c’est mon Stallone à moi

2009 mars 30
par Bonnie

Stallone est une nouvelle d’Emmanuelle Bernheim. Le pitch ? Lise est une secrétaire médicale qui s’encroûte dans une existence morose. Son destin se manifeste un jour dans une salle obscure, sous les traits rustauds de Rocky (le troisième). C’est une révélation, que dis-je, un uppercut. Quand d’aucuns attendent de rencontrer la Vierge, Krishna ou un coach de M6 pour changer de vie, Lise reprend son histoire en main sous l’oeil du Tigre. Elle blackboule son mec, son job, ses vieux. Et s’envole, sans jamais cesser de rendre grâce à Sly, l’artisan imaginaire de sa renaissance.

Bono, c’est un peu mon Stallone à moi. Quand le moral me mord le bord des chaussettes, j’enquille les vidéos de U2 à la chaîne, comme qui goberait des cachetons. Les irlandais sont un amour de jeunesse, certes : The Unforgettable Fire fut le premier CD acheté sur mes deniers propres, le vinyl de The Joshua Tree trône encore dans mon salon. Je les accompagne depuis, groupie transie, indulgente ou agacée, c’est selon. Mais fidèle, toujours. Ce qui, avoué en société, appelle immanquablement les débats suivants : U2 est-il (encore) le plus grand groupe de rock’n roll du monde ? Peut-on qualifier de directe la filiation qui les unit à Coldplay ? Et oui ou merde, Pop est-il leur album le plus pourri ? Baissez vos colts, les mecs, ce n’est pas mon point. La nostalgie de mon adolescence n’a rien à faire ici. Mon point, c’est Bono.

Tu sais que je t'aime, toi...

Tu sais que je t'aime, toi... (1987)

Bono m’exalte au sens quasi religieux du terme, avec les carillons et les trompettes. A son contact (façon de parler), me voici soudain qui rentre dans la Joie, le coeur gonflé d’une ferveur nouvelle et un sourire débile aux lèvres. Qui a vu U2 en concert, sait comme Bono a tout du gourou moderne, petit par la taille – le gourou est souvent nain, avez-vous remarqué ? – et si grand dans la dimension : il te retourne un stade avec le doigt, il me donne envie de claquer la bise à mon voisin pour lui refiler un peu de paix du Seigneur. Et il m’accable de jalousie, quand il choisit dans la foule une fille qui n’est pas moi, pour lui refiler un bout de sa paix du Seigneur à lui, sur scène, devant tout le monde. Ça me rend dingue, ça. La bénédiction dans l’affaire, c’est que son charisme et sa bonne influence imprègnent la pellicule jusqu’au derme. Et ma vidéo-culte, mon Rocky III à moi, c’est Where The Streets Have No Name.

Where The Streets Have No Name est le premier single extrait de The Joshua Tree (1987), LP historique qui donnera au groupe son aura mondiale. L’album est le fruit de la deuxième collaboration du groupe avec Brian Eno et Daniel Lanois, après The Unforgettable Fire (1984). Le travail de production engagé se raffine, le son atteint une ampleur et une sophistication inégalées, les textes sont justement lyriques et engagés, la voix de Bono est incroyable de puissance et de sensualité. Les sublimes photos noir et blanc d’Anton Corbijn achèvent de l’immortaliser au firmament des rock stars planétaires. Ami lecteur, je sais déjà que tu te gondoles derrière ton écran, à la lecture de cette exégèse pompeuse. Mais sache que chaque détail a son importance. Car en 1984, Bono ressemblait à ça, tu vois.

Bono, coiffé par Tony & Guy, circa 1983

Bono, coiffé par Toni & Guy (circa 1983)

La coupe de cheveux vintage Bundesliga, l’excitation désordonnée du jeune chien fou, Bono est très frais mais, comment dire… un peu vert ? Alors arrête de rigoler, lecteur, et remercie avec moi les Eno, Lanois, Corbijn – et la styliste – d’avoir mené Bono à sa condition d’homme. Eh oui, nous y sommes : que c’est beau, un homme qui se débarrasse des oripeaux de l’adolescence, pour enfin cristalliser sa condition. Vois un peu : la vidéo est un happening tourné sur le toit du Republic Liquor Store, à Los Angeles. Les flics crânes à la mode Village People, la circulation coupée, les girophares, le mégaphone… Tout est bien réel. La bande-son du début est extraite d’une radio locale, informant de l’évènement en cours down town, sur les dernières mesures de l’énorme Bullet The Blue Sky (Outside, it’s America ! / Outside, it’s America !). Admire l’Homme à l’oeuvre avec la foule, 27 ans à peine le Dublinois, et déjà l’Amérique à ses pieds. Il bouge divinement (3:47), il est torride et si fier au Monde (4:36), non ? En plus, son dégradé a bien repoussé, j’adore. Arrête de rigoler je te dis, et fais corps avec ces passants galvanisés, sens la tension exponentielle qui s’élève de l’asphalte pour te conduire direct au nirvana électrique, et la petite mort qui s’en suit. Comme ça te met les poils, comme ça te court dans les veines et te saisit aux coeur, gorge et tripes. Regarde donc ma propre béatitude, lorsque j’apparais furtivement à l’image (4:30). On n’est pas bien là, hum ?

I want to feel sunlight on my face
I see the dust cloud disappear
Without a trace
I want to take shelter from the poison rain
Where the streets have no name

U2 est le plus grand groupe de rock’n roll du monde. Point barre.
(Et au premier qui me parle d’une pseudo-filiation avec Coldplay, je lui retire une demi-livre de paix du Seigneur)

Déesses de l’Olympe

2009 mars 29
par Bonnie
Nataliya Dobrynska au lancer de poids Vs Anne Hathaway au lancer de Magnifique

Nataliya Dobrynska au lancer de poids Vs Anne Hathaway au lancer de Magnifique

Décidément, les choix artistiques de Lancôme pour la promotion de sa nouvelle fragrance me laissent perplexe et je ne suis pas la seule. Je n’ai pas encore humé Magnifique mais je constate qu’outre nous parfumer, il permet aussi de se travailler le muscle dit du “coucou” : celui du dessous du bras, dont la fâcheuse tendance à s’affaisser avec le temps et la gravité ne t’aura pas échappé (faire coucou devant la glace pour vérifier). La gentille momie Anne Hathaway nous montre ici le mouvement à reproduire avec le flacon. Vous m’en ferez 3 séries quotidiennes de 20, merci.

De grâce, rendez-moi Isabella R. qui me donnait à l’époque des envies de cheveux courts et l’impatience de grandir, pour tendre à cette vérité de femme vivante, incarnée et habitée.

Isabella Rossellini me manque

Isabella Rossellini me manque

Joni au pays des Coyotes

2009 mars 24
par Bonnie

Je connais peu Joni Mitchell, mais assez pour l’aimer d’instinct et la ranger dans la catégorie des icônes. A vrai dire, j’en avais peur aussi. Ou peur de son image, plutôt (et si c’est pas vrai, on s’en fout, moi j’adore les images) : son visage hiératique, ses yeux perçants, l’intelligence aussi haut perchée que les pommettes, une guitare trop sèche, cette allure baba folk qui sent le chanvre et la chèvre, et surtout des chansons profondes, compliquées et tristes. J’ai peur de Leonard Cohen, Tom Waits et PJ Harvey, sinon. Je gardais donc Joni la-pas-commode à distance. Trop flippée de me retrouver au fond du trou, à déprimer avec mes clopes, embarquée par la seule gravitation de son talent, même pas sûre de comprendre pourquoi je me bananais, au final.

Bouuuuuh !!!

Bouuuuuh, c'est Tom !!!

Coyote m’est venu dans les pas de Jeff Buckley – je le connais bien, lui, je suis 10ème dan shotokan de Jeff Buckley, on s’en reparle. Il y avait, dans un excellent documentaire de la BBC à sa mémoire, ce témoignage d’une amie de sa période new-yorkaise, organisatrice de concerts, dont le visage irradiait à l’évocation d’un souvenir précis : ce jour où, contraints par la pluie, ils se retrouvèrent à distribuer des flyers à tous vents par les fenêtres d’une voiture toute petite, toute pourrie, en chantant à tue tête du Nusrat et… Coyote de Joni Mitchell.

Ecce Homoe

Mystery White Boy

Pour sûr, ça devait être quelque chose, la voix (LA voix !!) de Buckley qui déroulait ses volutes en apesanteur “in this tiny little car” : l’Olympia et Notre-Dame concentrés dans l’habitacle d’une Fiat 500, imagine donc. J’essayai de reproduire la scène dans ma Polo, mais il me manquait un truc, bon sang, il me manquait la chanson.

"Nusrat, he's my Elvis" - Jeff Bucley

"Nusrat, he's my Elvis" - Jeff Buckley

Coyote ouvre l’album Hejira, sorti en 1976. Surprise, le rythme est up-tempo et là, tout de suite, je me sens mieux. Une chanson confessionnelle mais entraînante, sur un amour impossible avec un cow-boy (Bob Dylan ? Sam Shepard ?) très prédateur :

He picks up my scent on his fingers
While he’s watching the waitresses’ legs

Une merveille douce-amère, à dominante douce – pour l’amer, s’adresser à Carly Simon qui flingue au piano et sans ménagement son gus sur You’re So Vain. Evidemment, que je ne comprends pas tout, hein : le texte est dense, truffé de métaphores et Joni le balance sans faillir, à la cadence soutenue de sa guitare rythmique. Mais la musicalité et les nuances de son interprétation sont telles que, même sans mon Harrap’s Pocket, je crois sentir dans mon cou le souffle chaud de cet animal-là, argg Coyote is at my door, le genre qui pète bien le coeur et te ramène un paquet d’emmerdes.

Sam Shepard, le Coyote ?

Sam Shepard fait très bien le Coyote

Mais regarde-la plutôt, Joni. La vidéo est tirée du film The Last Waltz, tourné par Scorsese, lors de la dernière tournée du Band, le groupe de Dylan. Regarde sa silhouette de liane glisser sur scène. Son allure, ses fringues sont exquises : taille fine, sanglée dans cette jupe au tombé et à l’imprimé parfaits, blond froid et lisse de canadienne, de part et d’autre d’une impeccable raie au milieu, gros collier navajo (?). Regarde son petit salut au public, les deux mains jointes devant elle, si modeste et délicat – ça vaut bien 1000 révérences de Carla Sarkozy en goguette chez les Windsor. Et ce bécot déposé sur les lèvres d’un musicien, et cette délicieuse caresse sur sa joue. Regarde-la se saisir de son instrument et te peindre l’histoire de Coyote, en roulant au ciel des yeux coquins (4:02). Ecoute-la rire même (2:00), de ce rire de gorge sensuel, en femme libre et habitée, bien consciente de sa bêtise à s’enticher de pareil crétin, si magnifique, si désirable, avec son odeur de sueur, sexe et foin mêlés.

Je ne sais pas si Joni est jolie. Ses traits semblent comme dessinés à la lame, et ses dents en avant m’impressionnent drôlement. Je sais juste qu’elle est mieux que ça, Joni : elle est impériale.

(Et le bassiste qui se trémousse à côté est lui, parfaitement irrésistible)

No regrets, Coyote…

L’autre secret de Brokeback Mountain

2009 mars 22
mots-clés : , , ,
par Bonnie

Bonnie se cherche un nouveau jean. Droit. Brut. Sans fioritures. Et elle est prête à tout pour le trouver, même à zoner un demi-RTT durant au Centre Commercial Régional le plus proche.

Bonnie arrive chez le géant américain du genre – deux consonnes, une voyelle – et fait face à ces strates de denim qui montent jusqu’au ciel. Pas décontenancée, elle attrape au lasso le jeune vendeur qui passait là, droit sorti d’une pub de la marque : blond-blanc décoiffé, t-shirt University manches courtes sur t-shirt University manches longues, son jean à lui délicieusement taille basse. Ce qui fait penser à Bonnie 152 que le boy-friend jean’s, c’est décidément mieux porté par le boy-friend lui-même. Chacun son futal, dirait l’adage, et les vaches seront bien gardées au ranch.

“Hey toi, mignon cow-boy, que conseillerais-tu comme modèle à Bonnie, qui cherche une bête coupe droite ? Je veux du pérenne et de l’immuable, je veux transmettre aux générations futures, j’en peux plus de cette versatilité textile, je suis en quête de vraies valeurs. Je suis fatiguée, tu comprends. Si fatiguée.

"Mom Jeans... For when you stop being a woman and start being a Mom."

"Mom Jeans... For when you stop being a woman and start being a Mom."

“La coupe droite, c’était le Straight Cut mais nous l’avons arrêté. On peut dire que c’est le Slim qui le remplace à peu près, car le Slim n’est plus vraiment slim. Normal : on est si habitué au slim maintenant, qu’on finit presque par le voir droit. En fait, le nouveau slim maintenant, c’est le Skinny. L’Ultra Low Rise Slim Flare est un cas à part, car il démarre bien slim de la cuisse pour s’évaser à partir du genou, un peu comme le Long & Lean. Mais plus que le Boot Cut et le Curvy Boot Cut bien sûr, je ne vais pas vous apprendre ce qu’est un Boot Cut, hein ?”

- Evidemment que non jeune insolent. Je veux bien essayer un 501 alors.”

Aurait moyen goûté la blague, le jeune cow-boy, à ce qu’il paraît.

Mais que fait la Fashion Police ?

2009 mars 19
mots-clés : , , ,
par Bonnie

Hier soir, alors que ma Bonnie-mobile se frayait péniblement une voie dans les embouteillages parisiens, je voulus prévenir de mon retard les amis chez qui j’allais dîner. Je dégainais donc mon téléphone et comme j’avais changé de sac pour être raccord avec ma tenue, je n’avais pas le kit main-libre. Sûr qu’il gisait au fond de ma gibecière en cuir craquelé noir Nat & Nin.

J'adore les cuirs craquelés de Nat & Nin

J'adore les cuirs craquelés de Nat & Nin

Or je n’étais pas en noir, hier. Comme une ode du matin au printemps à ma fenêtre, j’avais osé le combiné jean flare h&m + veste preppy rayée rose bleu Zara basics, manches raboulées sur la doublure rose + nouveau top en blanche broderie anglaise de Monoprix mon city marché + escarpins re-Zara nubuck bleu lilas-lavande, je dirais. Et pour finir la silhouette, ma besace Gap molle et douce, de ce vieil or mat, si vieux et si mat qu’il va avec tout. Notamment avec mon sautoir qu’a pas de marque et et mes Ray-Ban Couilles de Loup Pilote. C’est que je suis issue d’une famille qui ne mélange pas le noir et le bleu marine et veille à toujours assortir le sac à la godasse ; vois donc ma propension au risque chromatique.

Lovely preppy gossip girl style

Lovely preppy Gossip Girl style

Alors oui, j’avais le portable en pendentif sur l’oreille. Non, je ne me cherche pas de foireuses excuses. Je sais, le téléphone au volant, c’est le mal. OK, je m’autoflagellerai en place publique avec mes oreillettes. Dès que je les retrouve. En attendant, quai de Gesvres, je me fais choper par cette Mégane de flics pile devant le commissariat. Hum. Je balourde discretos le téléphone à mes pieds, et ça fait bobo déjà parce que c’est pas juste un téléphone, sans déc’ : c’est mon iPhone, bordel. Mais je garde l’espoir chevillé au cœur : ils n’ont rien vu, veulent juste me demander tout autre chose. Le chemin, la marque de ma besace, ou une clope.

La Mégane de la peur

La Mégane de la peur, pimpompin

Ils sortent de la Mégane. Ils sont trois. Ils marchent comme au Far-West, cuisses écart, entrejambe fièrement projetée vers le ciel. J’ai peur. Je pense respiration par le ventre, j’imagine cathédrale intérieure, je cherche le bonze en moi. C’est mort, pourtant : un mec et surtout, deux nanas. Aucune négociation possible de nana à nana. Et dans les yeux de l’homme, je lis le seul mépris à l’égard de la jeune caillera du volant qui m’habite. Je me bouffe les phalanges pour ne pas dire à Ponch de se détendre. Lui conseiller L’Art de la Méditation de Matthieu Ricard. Mais Ponch préfère s’en retourner comater dans la Mégane et laisse aux deux femmes la sale besogne : l’une fait le tour de ma caisse, en lui donnant des petits coups de pied nerveux dans les pneus tandis que l’autre me demande mes papiers :

“Vous savez pourquoi on vous arrête ?
- J’imagine. Vous voulez une clope.
- Alors, dîtes-le.”

Jon et Ponch de la California Highway Patrol, aka CHiPs

Jon et Ponch de la California Highway Patrol, aka CHiPs

Step back in time. Me voilà replongée soudain au coeur de mes années collège, ce jour précis où je retournai le cours de musique de Soeur D. et me retrouvais à devoir recopier “Je ne mettrai plus jamais un f**cking bordel pendant le cours de tambourin. 500 fois. Avec chaque lettre d’une couleur différente, vicieuse qu’était la Soeur D., style Benoît XVI. Heureusement, un mauvais garçon de ma classe me prit en pitié et me fila sa combine de sauvageon : écrire les lignes verticalement, à l’aide d’un Bic quatre couleurs, lettre par lettre.

Respiration abdominale, cathédrale intérieure, bonze en moi. Regard baissé, air contrit, j’avoue mon forfait Orange avec la data illimitée : “Je conduisais en téléphonant et ça, c’est le mal.” Je suis prête à le répéter 500 fois, dans toutes les couleurs, s’il le faut.

Elle boit du petit lait, bitch. Je me dis in petto que rapport au prestige de l’uniforme, faudrait penser à revoir le look maréchaussée d’apparat. Cet ensemble treillis bleu marine + blouson multi-poches zéro forme élastiqué à la taille + divers accessoires en cuir noir même pas craquelé – porte-flingue, porte-matraque, porte-talkie walkie, porte-carnet à souche – te bousille le body en moins de deux. Une silhouette roulée comme un cube Butagaz, avec la casquette façon surplus militaire pour enlever l’ensemble. Je verrais plutôt une allure amazone urbaine, très Decarnin pour Balmain, ligne épaulée et glam’rock. Voire un slim cuir et un porte-fouet à la taille, pour la signature maîtresse-femme tendance domina. Quoi, tellement déjà-vu ? Tu rigoles, elle a jamais rien vu de tel à l’escadron, la Marie Pervenche. Merci, même elle devrait me dire.

Marie Pervenche by Balmain

Marie Pervenche Spring 2009 by Balmain

“Vous reconnaissez donc l’infraction.
- Non, c’est faux !!! Et Elvis n’est pas mort !!! Il vit à Hawaï !!! Oui, je la reconnais, c’est bon hein.
- Mettez la petite croix dans la case “Je reconnais l’infraction” et signez.
- OK. Et tu connais Balmain, sinon ?
- Votre amende s’élève à 22 €, à payer par timbre-amende sur cette carte à renvoyer par la poste. Pensez à l’affranchir. Vous êtes aussi passible d’un retrait de point de 3 points maximum.”

Ici, un timbre-amende daté 2009 après J.C.

Ici, un timbre-amende de 2009 environ après J.C.

Dans mon infortune, je suis soulagée. Je croyais devoir essuyer une prune grosse comme mon découvert autorisé. J’ose cependant : “Euh… trois points maximum ? C’est un tarif variable ??? Et le timbre-amende, c’est obligé ? Je veux dire, on peut pas payer moderne ? Un petit chèque peut-être ? Et sinon Balmain, t’en penses quoi ??

"Baisse ton iPhone, Bonnie. Doucement." (Victoria B.)

"Baisse ton iPhone, Bonnie. Doucement." (Victoria B.)

La deuxième nana vient à la rescousse : “Le chèque, ça passe. Les points, ça dépend. Faudra écrire à la préfecture pour savoir”, qu’elle dit. Puis elles me refilent mes papiers, magnanimes, et me relâchent : “Vous pouvez y aller. Et n’oubliez pas votre ceinture.

Ouais c’est ça ouais, j’oublie pas ma ceinture. Et tu devrais faire pareil, tiens : ne pas oublier la ceinture. Balmain en fait des doubles cloutées argent à porter descendues sur les hanches, to die for.

Kanye West pour Glouis Vuitton

2009 mars 15
par Bonnie

Kanye West est rappeur et producteur de hip-hop américain. Honnêtement, je ne connais pas son travail. Juste son ego délirant, dont je ne saurais déterminer s’il ressort d’un plan média à 2$ ou d’une réelle pathologie psychiatrique. Mais à dire vrai, ce doute ne me taraude pas. J’observe les aventures de Kanye de loin, sans chercher à les comprendre surtout, juste constater. Car outre leur potentiel comique insoupçonné, elles révèlent en creux la fatuité de l’époque : Kanye squatte la Fashion Week, Kanye promène sa nouvelle fiancée classe porn star, Kanye auto-déclaré messager de Dieu, Kanye pleure sa mère décédée des suites d’une liposuccion fatale, Kanye se cherche un stage dans la haute-couture, Kanye exige qu’on l’appelle désormais Martin Louis The King Jr… N’en jetez plus ! Ca me fait gondoler au point que je me contrecarre bien de savoir s’il y a du talent ou du second degré, ou les deux, derrière les singeries de Kanye.

C'est quoi, l'amour ?

Kanye et Amber vivent d'amour et de Mir Couleur

Dernière en date : Kanye dessine des baskets pour Louis Vuitton. L’alliance a priori contre-nature du luxe et du hip-hop n’est pas inédite, juste l’expression de ce poncif gros comme la gourmette de Kanye : la marque bourgeoise s’encanaille, cherche jeunesse perdue, pense transgression créative et le street-menestrel accède enfin à la reconnaissance sociale. Celle qu’on lui refusa si longtemps, même le dimanche, quand il veillait à porter son survêtement blanc Tacchini, pour déverser au litre son flow de révolté du ghetto.

Pour cet été, disons-le tout de go, Kanye est un authentique créateur qui n’a pas peur de bousculer les conventions en matière de sneakers : pleine semelle 100% gomme plastique, couleurs luxuriantes, usage subtil du célèbre monogramme, fermeture scratch à la pointe de l’innovation technologique… Et surtout, Kanye décrète le retour en fanfare du gland. Le gland, ce grand oublié de nos penderies. Le gland, longtemps honni, si injustement méprisé et cantonné aux infâmes mocassins de mon père. Le gland outragé, le gland brisé, le gland martyrisé, mais le gland libéré ! Car oui mon ami, tiens-toi prêt : les glands débarquent sur la ville. Mais en étaient-ils seulement partis ? me rétorqueras-tu à juste titre, tellement t’es drôle, mon lecteur adoré.

Une chaussure à glands restera toujours une chaussure à glands

Une chaussure à glands restera toujours une chaussure à glands

La ligne de Kanye pour LV sera commercialisée à des tarifs très street, puisqu’oscillant entre un smic et un smic et demi. Quel prix par exemple pour la Jasper’s ci-dessus, merveille d’élégance racée ? 1 140 $. On va pas se laisser emmerder par la débandade économique, Kanye te dit. C’est qu’avec la crise, faut faire gaffe : si ça te touche d’abord les pieds, par capillarité, ça peut vite te remonter au cerveau.

Permets-moi cependant d’émettre de modestes réserves marketing sur le sujet : au moment où le low-profile s’impose comme la nouvelle posture moderne, parce que la vanité du consumérisme nous saute à la face, et si fort que la recessionista supplante désormais la fashionista dans les magazines féminins, au moment où Matthieu Ricard vend en librairie des brouettes de L’Art de la Méditation, au moment où Obama prône la fin de l’argent-roi et le dépassement de l’individualisme, à ce moment précis où la société devient avide de frugalité – nouveau paradoxe peut-être, mais ce n’est pas le souci – eh bien pile à ce moment, comment donc peut-on sortir un truc aussi moche, indécent et peu en phase avec la marche du monde ? A moins que cette blague ne soit destinée au marché émirati ?

The Red Recession Dress -£9.99 chez The Big Discount Store (UK)

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Moi, rapport à la marche du monde, je préfère carrément suivre les traces des nouvelles shoes de ma copine Bonnie 904, qui s’est payée de vraies grolles de gourou moderne : en voilà du bling stylé et intelligent, avec une pointe de second degré et à un prix beaucoup moins gland.

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