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Le Jean-Luc Lahaye expliqué dans le texte

février 26, 2009

Aujourd’hui à la cantine, mes collègues m’ont apporté un éclairage nouveau sur une énigme dont je désespérais de la résolution. Quelque chose d’apparence anodine, mais qui s’incruste durablement dans ton cervelet : souviens-toi, cette grille de sudoku récalcitrante, ce rubik’s qui t’a résisté ton enfance durant, ce crétin de Clyde qui t’a soutiré ton numéro sans jamais daigner se servir de ses gros doigts boudinés pour le composer ultérieurement. Ce petit trauma du quotidien qui te tourmente ad vitam parce qu’il reste un défi à la logique et au bon sens. Parce qu’il te laisse surnager dans un sentiment d’échec effroyable, seul et dans le froid, sans aucune bouée pour te sauver du naufrage.

Un cauchemar

La vie et moi (photo de John Brain, le bien-nommé)

Et moi Bonnie, depuis 1987, je demeure perplexe face à une chanson de Jean-Luc Lahaye, Débarquez-moi (le générique de son émission sur TF1, oui). Alors ce midi, lorsque se présenta le sujet dit des « textes de chansons qu’on comprend pas » – entendre, sans la barrière de la langue – , j’ai immédiatement collé les forces vives de l’entreprise sur mon affaire. Un passage en particulier dans l’oeuvre me laisse interdite :

Débarquez-moi
On va se toucher du bois
En rythmant l’effort

Au coup d’à-coups des congas
Vers l’île au trésor
Et se sentir pour une fois
Vraiment libres de faire le choix
Yeah 

« Se toucher du bois / En rythmant l’effort«  me pose un gros problème sémantique, rapport à la forme pronominale du premier verbe ; et ceci, même en fermant les yeux pour mieux entendre dans mon imagination un bruit cadencé de congas.

Bonnie 154 se lance, avec une interprétation à couleur alter-mondialiste. Doit-on y voir l’influence des effusions mi-lyriques mi-scandalisées de Marion Cotillard sur les méchants humains qui pourrissent notre mère la Terre, dans le dernier Elle eco-friendly ?
« Voilà, genre on est à deux, on rame ensemble vers la freedom, y a un mec qui bat la mesure avec des congas, et donc c’est l’osmose sur la rame en bois, d’où l’expression « On va se toucher du bois ».

Je ne laisserai pas la bêtise des hommes détruire mes chous

La bêtise des hommes ne détruira pas mes chous, bordel !

Clyde 157 ne partage pas cette analyse. Il opte pour une approche originale, fondée sur un parti-pris radical, voire osé, celui d’une dyslexie probable de JLL, non diagnostiquée à l’époque des faits :
« Moi, je pense que Jean-Luc n’a pas réussi à relire l’auteur de sa chanson ou, plus simplement, à une faute de frappe ! »

Scoop Ici Bonnie !!! Jean-Luc Lahaye, son drame secret !!

Scoop Ici Bonnie !! JLL, sa maladie cachée !

La piste m’interpelle. J’y avais pensé, à force de remixer la chanson dans mon for intérieur. Et si JLL avait voulu dire « On va se toucher du DOIGT – au lieu du BOIS «  ?? Mais l’exaltation de la découverte passée, je me rendis compte de l’impasse. Je m’en ouvrai à Clyde 157, pour éviter au collectif de perdre du temps de cantine dans de vaines supputations. En effet, se toucher – même du doigt – en rythmant l’effort reste un concept abscons, surtout si tu rajoutes des congas.

A moins qu’il ne s’agisse d’une pratique douteuse issue des moeurs dissolues des 80’s. Mais, moi confrontée à telle sollicitation, je ferai sciemment la blonde qui comprend pas : le mec qui propose de lui toucher la branche, sous couvert de métaphore, en se la frisant sur son endurance à l’effort, pour mettre le cap sur mon île aux trésors dans la moiteur d’une soirée zouk, très peu pour moi.

Se toucher du doigt, un concept vieux comme le monde

Se toucher du doigt, une idée vieille comme le monde

Je suggère de nous sustenter tranquillement et de remettre notre exégèse à plus tard. Le collectif opine des bonnets. De retour au bureau, un Clyde 157 très obstiné nous fait part de la trouvaille suivante :

« Selon Google, « toucher du bois«  est une expression explicite : un geste superstitieux, accompagné de la parole « je touche du bois ! » Aussi efficace que « croiser les doigts » ou se signer, selon les convictions de chacun. Ce geste est censé permettre la réalisation des voeux : santé, gain au Loto, motricité des gros doigts boudinés de Clyde…  Ici « on va se toucher du bois » = « on va se rassurer » donc « se prendre dans les bras ». C’est un message d’entraide et de fraternité que Jean-Luc nous livre. »

Je remercie in petto Marion C. : si sa bonne influence sait pénétrer le coeur des Clyde les plus endurcis, alors oui nous pouvons changer le monde. Mais côté lyrics, suis pas convaincue. 

Pour sortir de l’ornière, Clyde 401 recommande la hauteur de vue :
« Dans le refrain juste avant, il y a la mise en situation. Sans elle, il est difficile de comprendre »

Mais même avec, il est difficile de comprendre aussi, tu trouves pas, sans rire ?
Débarquez-moi
Cœur ouvert au bout des doigts
J’ai viré de bord

Mais Clyde 157 ne trouve pas, non. Et au contraire, relance derechef le débat sur le trouble du langage.
 » Donc, en fait y’a inversion :
Cœur ouvert au bout des bois
On va se toucher des doigts

C’est bon, on a la réponse !! »

Bonnie 154 est lapidaire :
« En même temps, « Coeur ouvert au bout des bois »A moins qu’il se soit fait embrocher par un cerf, je vois pas trop. »

Encore un Clyde qui se la pète avec ses grands bois

Ici, un Clyde Cervus Barbarus Frimus qui crâne avec ses grands bois

OK, c’est pas gagné. Le bois avance, mais le mystère aux congas lui, reste entier. Si toi aussi, tu veux contribuer au débat, voici un extrait du live de JLL à Laon. Yeah.

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4 commentaires leave one →
  1. bullesdinfos permalink
    février 27, 2009 9:36

    OMG je surkiffe dès le matin !! Faut pas me faire des trucs comme ça je m’emballe moi. Jean-Luc bordel !!!! En cuir en plus ! (héhé).
    Petit aparté : tu sais (mais je sais que tu sais) que la choré originale de Lahaye d’honneur était de Reda ? (et que j’ai itw JL aussi et Reda tiens… mais c’est une autre histoire…).

    Bref, ce que j’en dis basiquement : JL veut qu’on lui touche son gros morceau de bois avec nos doigts. En rythmant l’effort ça parait clair non ?
    Allez la bonne journée hein ;-)

  2. février 27, 2009 9:50

    Ben oui, je sais que tu sais que je sais ! Kamel Ouali lui doit tout ! Je me souviendrai toujours de ses ballets Champs Elysées chez Drucker, avec les danseurs qui traversaient le plateau de gauche à droite, à la mode égyptienne. A tel point que je me demande si Madonna aussi ne l’a pas plagié pour sa période Vogue.

  3. Higgins permalink
    février 27, 2009 11:00

    alors là ma poule merci pour la rigolade, je me touche les côtes moi. J’ai croisé (à distance hein) dans mes pérégrinations diaboliques des types tout à fait du genre à balancer un « Touche-moi la branche chérie… » sur la piste, mais je ne crois pas qu’ils écoutaient du JLL!

  4. février 27, 2009 7:31

    Au vu des commentaires et de la vidéo de JLL, bien campé sur ses jambes de cuir gainées, à se lancer ce micro d’une main l’autre, maintenant c’est très clair : il s’agit d’une métaphore à caractère exotico-sexuelle. Je pensais que mon esprit était mal placé, ça va mieux là.

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