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Le mot magique

mars 31, 2010

Un truc fascinant, quand on blogue, c’est le module d’administration, et plus particulièrement le module de statistiques. Sur  Wordpress, la plate-forme utilisée en cet endroit, le bidule est assez bien conçu. L’interface est valorisante, notamment grâce à ce graphe trônant en majesté sur la page, avec une courbe qu’a une bonne gueule de CAC 40, et plein d’indicateurs qui donnent la sensation d’être une blogueuse de l’influence, comme dirait Bulles d’Infos, même si on culmine à 5 visites / jour. Manquent plus que des jauges aux compteurs, des diodes multicolores qui clignotent, et l’illusion serait parfaite. Une illusion de toute-puissance, comme si je drivais (<- ici, anglicisme délibérément emphatique pour souligner la dramaturgie de mon analogie) une affaire d’importance supérieure, capitale pour la sûreté de l’Etat ou celle des marchés financiers – ce qui de nos jours, dussé-je trahir le secret-défense pour éclabousser de cette intolérable vérité vos pupilles ahuries, se résume quand même à un putain de  kif-kif bourricot. Bref.

Je remonte la pente, mais c'est pas facile tous les jours

Tandis que je me prends pour un rôme Kerviel qui spéculerait dans le secret de son salon sur le cours du silicium en Afrique sub-continentale, les mâchoires tordues par l’enjeu et le regard ivre, comme aspiré par le rétro-éclairage de mon écran, je n’ai de cesse de deviner par quel miracle Google dirige des visiteurs chez Bonnie Parcoeur. Pour ce faire, la liste des mots-clés recherchés sur les moteurs et menant jusqu’à ma planque est évidemment éloquente. C’est ainsi que j’ai découvert que Игги Поп est une chaîne de caractères cyrilliques qui signifie Iggy Pop en russe. Il faut dire que je bénéficie d’une pole-position de folie – en toute modestie – grâce au fameux portrait de l’Iguane par Annie Leibowitz, un phénomène qui rend à mes yeux l’algorithme de Google encore plus insondable et maléfique que le triangle des Bermudes.

Je remets la photo, histoire de bien-bien consolider mon référencement.

Contribue également au succès international de ce blog Nataliya Dobrynska, heptathlonnienne (mot compte double) ukrainienne de son état, dans les talons de laquelle nous trouvons notre sarouel fétiche, pièce d’habillement bouffante, faussement ethnique mais vraiment improbable, qui nous a fait ricaner tout l’hiver avec mes copines blogueuses de l’influence, sans pour autant renoncer à le pourfendre le clavier aux dents, au point d’en créer un groupe Facebook armé consacré à son bannissement de nos cités. Je ne suis pas mal lotie sur la requête « Comment être une femme fatale », ce qui me conforte dans l’idée que oui, nous vivons vraiment dans une société d’assisté(e)s. Faut tout vous expliquer, bordel, y a pas écrit blog-providence sur la bannière hého ! Bref.

Sarouel-go-home !!

Entre blogueurs de ma connaissance, on compare souvent nos mots-clés, les populaires et les insolites, les rigolos et les pervers. Pervers, ouais, parfaitement. Il faudra bien s’y résoudre, mes agneaux, la nature humaine est ainsi faite : des instincts à qualifier de vils la poussent à porter des sarouels pianoter frénétiquement, crûment, le libellé de fantasmes inassouvis dans le secret d’un salon, les mâchoires tordues par l’enjeu, le regard ivre, comme aspiré par le rétro-éclairage de l’écran, et la braguette ouverte. Nous ne remercierons jamais assez cet étudiant russe – c’est une ode à l’âme slave ici, ce soir – d’avoir porté jusqu’à nous le désormais fameux Chatroulette (je mets pas le lien, ça va pas non), mais cette louable initiative ne saurait finalement drainer et contenter que ceux qui flânent au petit bonheur la chance le nez la queue au vent, sans y voir trop clair dans le magma de leurs pulsions.

Ben alors, tu viens plus aux soirées ??

Poétique certes, mais pas très efficace, niveau marketing one-to-one. Alors qu’avec un bon moteur de recherche, tu tapes exactement ce que tu veux, tes désirs les plus fous-fous, et hop, le service est personnalisé, c’est livré comme chez Rapido Pizza. Alors oui, entre blogueurs, on est solidaires, on se réconforte, on se tient les coudes et on se chuchote les parts d’ombre qui hantent nos modules d’administration, et piteusement avec ça, comme si arrivée chez nous, l’ombre devenait aussi nôtre. Pour paraphraser David Hallyday et Laura Smet au sortir du Cedars Sinaï, dans ce qui demeurera un duo d’anthologie de la variété française contemporaine, on se fait peur / main dans la main, quoi [refrain, ensemble]. Bref.

Un service d'exception qui fait toute la différence

Mais parfois, la vie blogueuse réserve de douces surprises. Ce matin, dans les liens entrants vers mon site, je trouvai cette adresse qui menait vers une page de résultats Voila. Voila ?? Mais quel est donc cet esprit raffiné qui, luttant à sa façon modeste contre l’hégémonie du grand méchant Google, utilise encore un moteur de recherche culte du siècle dernier ? Cette époque perdue où le portail Orange s’appelait encore Wanadoo et où Jean-Marie Messier Maître du Monde posait en chaussettes trouées sur une double-page de Match (introuvable sur Google justement, c’est donc ça le droit à l’oubli !) ? Je cliquai donc avec gourmandise sur le lien et je ne me trompai guère en constatant que le bougre cachait des trésors de délicatesse sous le verbe conjugué au conditionnel, et une volonté presque désespérée de respecter la bienséance, sinon la loi pour la protection des mineurs. Pratiquement un sans-faute. A peine doit-on déplorer l’absence du MOT MAGIQUE, comme disait ma maman.

Parce que tu crois que Bonnie Parcoeur est une fille facile ??

Car le savoir-vivre requiert de façon obligatoire la clôture de la requête par la locution interjective « S’IL VOUS PLAIT ».

Ici donc : « je suis adulte je voudrais voir le sexe d’une femme s’il vous plaît mademoiselle bonnie ». On vous fera grâce des majuscules et de la ponctuation, dont l’usage moderne tolère qu’on s’en affranchisse allègrement dans le cadre d’une recherche web.

Et après, Mademoiselle Bonnie voit ce qu’elle peut faire. Mais selon toute évidence, elle ne sera malheureusement pas en mesure d’accéder à cette touchante demande. Bref.

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17 commentaires leave one →
  1. Patricia permalink
    avril 1, 2010 6:48

    Ah, moi c’est Brigitte Fossey qui me rapporte au moins 2 visites par jour. va savoir?

    et pour le Sarouel, t’es sure ? parce que j’en ai quand même acheté des wagons entiers à Bombay et je sais pas ce que je vais en faire si je ne peux plus les porter à Paris. Je pourrai toujours en faire des rideaux tu me diras.

    • avril 1, 2010 6:38

      Y a certainement une sombre histoire de Jeux Interdits dans ton affaire ! Quant au sarouel, tu peux saroueler tranquille, on a renoncé. Mais je dis pas que j’aimerais pas relancer la lutte armée contre les wedges open-toes multi-brides.

  2. avril 1, 2010 7:01

    Trop bon !
    Moi je fais dans les illettrés doublés de goujats : « Je voudré une fame mur » est une requête fréquente. Bon, les obsédés ne me font pas peur, mais je me demande pourquoi j’ai le droit aux obsédés fâchés avec l’orthographe. C’est moi ou bien ?

    • avril 1, 2010 6:43

      Nan t’inquiète, c’est juste le sens de l’histoire. Mais d’ailleurs, certains refusent de laisser partir l’orthographe avec l’eau du SMS, effrayés à la lecture des CV et lettres de motivation. Il parait que la compétence en français devient aussi couru que celle en anglais, il existe même un diplôme ad hoc : le certificat Voltaire !

  3. avril 1, 2010 7:14

    Bah t’es pas très détendue du bloug, tu pourrais accéder à la requête de ce lecteur quand même Bonnie !
    Moi j’ai toujours « couple qui fait l’amour » bon OK. Et récemment « Les femme con voi leure string dans la rue ». Classe !

    • avril 1, 2010 6:45

      Oh j’en ai vu passer un sympa aussi sur ton twitter ! Sur une nouvelle façon de jauger les poitrines, non ?

  4. avril 1, 2010 9:24

    Hum, t’as de la chance, t’as des poètes.
    Moi j’ai eu droit à « odeur de trous velus ».

    • avril 1, 2010 6:48

      Lovely. Faudrait pouvoir lui répondre qu’il enlève les doigts du clavier pour renifler ses propres humeurs, on gagnerait tous du temps !

  5. avril 1, 2010 11:28

    Héhé …
    Chez moi le module de stats est en 3D : trop super beau ^^

    C’est mon petit plaisir de glisser des entourloupes dans mes tags. Grâce à cela j’ai eu une proposition pour faire commercialiser des combinaisons en lycra … pour bergers allemands.

    Ça ne s’invente pas ^^

    • avril 1, 2010 6:51

      Aaaah la blogueuse mode, bienvenue ! En même temps, Canalblog a l’air un peu à cran (cf l’affaire d’état Coline sur Fashion Faut Pas)
      Pas mal, les tags piégés ; je compte bien avoir d’aussi belles propositions suite à cet article qui manquera pas de me ramener un paquet d’e-entrepreneurs avides de placer des liens sponso à la mords-moi-le-noeud (au sens propre).

  6. avril 1, 2010 2:29

    C’est horrible j’ai de la peine pour ce mec quand même…
    Bon ben moi j’ai pas eu mieux que catcheuses aux seins nus…
    Je suis très intriguée par le chatroulette je connaissais pas je m’en vais googliser ça ce soir..

    Encore un fameux billet de Bonnie Parcoeur!!

    • avril 1, 2010 6:53

      Naaaaan, Eve, touche pas à Chatroulettttttttte ! C’est dangereux quoi ! Je sais bien que le monsieur sur la photo est habillé comme Lady Gaga, mais quand même hein !

  7. avril 1, 2010 7:30

    Bon : cette histoire de chatroulette a beau m’intriguer, je ne vais pas creuser, hein…
    pour ma part, parmi les poètes, j’ai eu un jour une recherche sur « statue démembrement femme »… je préfère ne pas savoir quel genre de pervers avait lancé cette recherche!

  8. avril 1, 2010 7:43

    Chatroulette, j’ai jamais testé en fait, mais le concept est simple – et pas mauvais d’ailleurs, souvent ça va ensemble – : une interface de chat vidéo, qui choisit ton interlocuteur au hasard. Et au hasard, paraîtrait qu’il est souvent nu devant sa webcam, l’interlocuteur.

    Rapport aux mots-clés, je crois que nous sommes mûrs pour un groupe de paroles… Quelle horreur (sans rire)

  9. avril 6, 2010 12:14

    Pas mal! Il y eut un temps où l’on pouvait trouver mon blog grace à des recherches sur le sarouel, mais l’horrible mode ayant pris fin (ou presque), ça fait un moment que je ne vois plus ce mot clé.
    Sinon j’ai eu « comment coucher avec une femme vidéo de démonstration » dernièrement. Ou encore une recherche sur la petite-fille de Mussolini nue (je ne comprends pas pourquoi il est tombé sur mon blog vu que miss Mussolini se donne en spectacle sur pas mal de sites…)
    Sinon, comme Eve, il y a de temps en temps des fans de catch qui arrivent chez moi!

  10. avril 13, 2010 12:55

    moi j’ai eu droit à  » comment bouffer le cul d’une poule »
    alors ça fait pas flipper ça?

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