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Beautiful People

avril 25, 2010

Voici le pavé qui m’a accompagnée une semaine durant. 601 pages écornées, à la reliure noircie, à force d’être trimballées dans le gouffre de ma besace, pour en avaler une lampée quand les minutes s’y prêtaient. Je suis de celles qui, en possession d’un livre neuf, en caresse affectueusement la couverture en lui chuchotant mille promesses de bons traitements pour l’éternité – je parle aux livres, oui, et je leur raconte des foutaises, aussi. Et je suis de celles qui ont l’amour vache : là où un Saint-Laurent Mauvais Garçon plutôt creux a très bien survécu à ma lecture, ce bon vieux rustaud de Folio a carrément douillé sous l’assaut, malgré un propos semblable.

Pour écrire Beautiful People, Alicia Drake a eu l’intelligence de l’angle : celui de décrire par le menu une fresque de mode et de couture courant sur quatre décennies, à travers le prisme de la rivalité acharnée entre leurs plus dignes hérauts. A ma droite, Yves Saint-Laurent, couturier prise de tête torturé devant l’Eternel, embaumé de son vivant et avec son assentiment par un Pierre Bergé bouledogue gardien du temple. A ma gauche, Karl Lagerfeld, vampire à catogan et bourreau de travail, qui laissera derrière lui le sillage de ce control freak à la répartie cinglante dont raffolent les plateaux TV, à défaut de sa propre marque – au sens figuré comme propre d’ailleurs, car KL ne connaîtra que tardivement la gloire sur l’héritage d’une autre, lorsqu’il reprendra la direction artistique de la maison Chanel, là où ses griffes éponymes enchaînèrent les gamelles. Le maniaco-dépressif vs le psycho-rigide, pour résumer hein.

YSL perdu dans son monde, et visiblement content d'y être, et son compagnon-financier-nounou-bodyguard-tortionnaire Bergé qui peut te coller une beigne à tout moment.

Une histoire de destins croisés donc : les deux, à peine sortis de l’adolescence, sont récompensés au même concours du Secrétariat international de la laine 1954 (<- ici, vidéo marrante des deux minots) et ne cesseront plus de se faire la course – c’est bon, j’ai définitivement perdu les deux derniers lecteurs hommes qui ont traîné leurs guêtres jusqu’ici. Mes adorés, vous avez cependant tort, parce que déjà les guêtres sur un mollet poilu ça peut être joli, et aussi parce que sous les fanfreluches, entre une robe Mondrian et une fourrure Fendi, défilent des pans entiers de notre histoire moderne, comme autant d’actes et de tableaux : un après-guerre empesé comme le tailleur dadame New Look de Dior, la guerre d’Algérie, un mai 68 vibrionnant, une explosion hippie, la noirceur punk, l’émancipation gay en cuir et chaînes, les soirées felliniennes au Palace, la drogue, les overdoses, les suicides, l’apparition du SIDA, la décadence, la vraie, la gauche au pouvoir en 81, la globalisation économique… Sous les chiffons, un vertige du XXème siècle.

La robe Mondrian - Haute couture YSL, automne-hiver 1965 / 1966

C’est aussi une galerie de personnages, finement décrite, dans leur substance, leurs inter-relations et leurs rapports aux époques. Saint-Laurent et Lagerfeld donc, Bergé évidemment, mais aussi une clique d’artistes, d’héritiers, de wannabe’s, et des égéries de toutes sortes – belle réflexion sur le statut de muse d’ailleurs, et si certaines me font l’honneur de leur présence ici, « être » ne constitue pas un métier, trouvez-vous vite un job, les muses, et un vrai… En vrac : Buffet, Warhol, Helmut Newton, Guy Bourdin, David Hockney, Barthes, Marie-Hélène Rochas, Paloma Picasso, Andrée Putman, Bianca Jagger, Jerry Hall, Mick Jagger, Talitha Getty, ancêtre du hippie-chic, vaporeuse et stone à Marrakech, Betty Catroux blonde fatale et androgyne, Loulou de la Falaise aristo bohême, Fabrice Emaer patron du Palace qui perdit sa clientèle quand il apporta son soutien à Mitterand, sonnant le glas d’un mélange des genres et des classes sociales finalement utopique… et surtout Jacques de Bascher, peu connu du grand public, mais qui au fil de la lecture s’impose comme une figure-clé du récit de Drake.

Saint-Laurent, entouré de Betty Catroux (ah cette saharienne lacée !) et Loulou de la Falaise. 1969

Talitha Getty à Marrakech : où l'on voit bien que Nicole Richie n'a rien inventé

Jacques de Bascher par David Hockney (1973)

Jacques de Bascher de Beaumarchais, in extenso, petite noblesse frustrée qui se colle une deuxième particule comme il lisserait sa moustache taillée façon Proust, dandy vénéneux qui s’habille en frac pour acheter sa baguette et prend l’hélicoptère pour aller déjeuner avec la princesse de Liechstenstein, ange noir qui flirte avec le vice, les hommes, le satanisme et l’extrême-droite, organise des soirées « Moratoire Noir » ambiance fist-fucking – les enfants sont couchés ? – sur les deniers et avec le consentement tacite de son compagnon KL, comme à la faveur d’un pacte faustien.

Jacques de Bascher et Karl Lagerfeld

Jacques de Bascher, pauvre pauvre petit garçon triste, manipulateur et manipulé, qui n’exista qu’à travers le regard de ses Pygmalion, à défaut d’avoir capté celui du père. Jacques de Bascher qui cristallisa – école stendhalienne – le désir de l’allemand, mais fut aussi le One-itis – école french touch seduction – du français, au point d’en provoquer l’exaspération ultime d’un Bergé pourtant patient et sceller leur séparation de corps. Jacques de Bascher qui mourut des suites du SIDA en 1989, symbole désolé de cette génération 70s’ plus qu’hédoniste qui se réveilla au crépuscule de la décennie suivante, avec gueule de bois, illusions perdues et morts en pagaille, fauchés par un mal cruellement revêtu des atours de la punition divine. Après le disco, l’heure fut au requiem.

Diane de Beauvau Craon et Jacques de Bascher, bal de l’Opéra de Paris, 1980.

“Jacques de Bascher jeune, c’était le diable fait homme avec une tête de Garbo. Il avait un chic absolu. Il s’habillait comme personne, avant tout le monde. C’est la personne qui m’amusait le plus, il était mon opposé. Il était aussi impossible, odieux. Il était parfait. Il a inspiré des jalousies effroyables. Ce n’est pas ma faute si Yves est tombé amoureux de lui !” Karl Lagerfeld, 2008.

La devanture du Palace, le Studio 54 parisien

2010. Saint-Laurent est mort depuis deux ans et son oeuvre célébrée dans une rétrospective au Petit Palais. Karl Lagerfeld, désormais seul dans la course, est devenu un monstre du marketing moderne. Directeur artistique de Chanel, Fendi et de lignes à son nom, personnage de jeu vidéo pour GTA 4, designer de collections pour H&M et de bouteilles de Coca Light, image de la Sécurité Routière, pygmalion de jeunes éphèbes au sang frais.

DJ Karl dans Gran Theft Auto 4

DJ Karl dans Gran Theft Auto 4. Quel ennui.

Coco Rocha et Jean-Baptise Giabiconi par Karl pour Coca Light. Quel ennui.

Moins 40 kg en treize mois. Quel ennui.

Re-Jean-Baptiste Giabiconi par Karl Lagerfeld. Jolies chaussures. Mais quel ennui.

Beautiful People vient de sortir en Folio, c’est le moment de s’y plonger pour tout comprendre. Lors de sa sortie, Lagerfeld tenta de le faire interdire par voie de justice, en vain, puis balança ces piques acérées dont il a le secret pour décrédibiliser l’auteur, la surnommant Drake-ula et la taxant de médiocrité.

«Je ne l’ai pas reçue car j’ai pris mes renseignements chez ses employeurs et il est apparu, pour le dire gentiment, qu’elle n’était pas une journaliste prestigieuse.» Karl Lagerfeld (dans ta face).

Ce n’est pas forcément simple de voir une jeune journaliste détricoter une mythologie consciencieusement brodée au fil du temps. Pas forcément simple de passer pour le Poulidor de la mode, doué, intelligent, rapide, féroce, mais pas forcément génial. Drake le dit très bien : quand les pièces-cultes de YSL viennent évidemment à l’esprit, un smoking, une saharienne, un caban, il demeure mal aisé de définir le style de Lagerfeld.

Le smoking Saint-Laurent, vu par Helmut Newton

Est-ce pour ne pas froisser l’annonceur le roi Karl que l’ouvrage eut finalement peu de retombée presse ?  A la lecture cependant, on ne peut qu’être admiratif du minutieux travail d’enquête d’Alicia Drake, six ans durant, soutenu par 50 pages de notes et de références, de son ton ni juge ni partisan, enveloppé dans un style de bonne facture – plutôt rare dans ce genre d’exercice. Pour clore le sujet, Frieda l’Ecuyère, pareillement déçue par le Saint-Laurent Mauvais Garçon de Marie-Dominique Lelièvre, me disait sur Twitter que les Lettres à Yves de Pierre Bergé valaient également le détour, là où justement elle n’en attendait pas grand chose.

Alicia Drake

Allez, j’attaque maintenant le Gainsbourg de Gilles Verlant, en Livre de Poche. Et ce n’est pas un pavé, c’est une brique. 900 pages ! A l’année prochaine pour la chronique, en somme.

Beautiful People (Saint-Laurent, Lagerfeld : splendeurs et misères de la mode), d’Alicia Drake, traduction Bernard Cohen et Odile Demange, Folio.
Saint-Laurent Mauvais Garçon, de Marie-Dominique Lelièvre, Flammarion.
Lettres à Yves, de Pierre Bergé, Gallimard.

A voir pour aller plus loin, je vous conseille vivement le documentaire Les Années Palace, qui mériteraient à elles seules un autre post.

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23 commentaires leave one →
  1. avril 25, 2010 10:48

    Et la bio de Dr. Martens, tu l’as pas sous le coude par hasard ?

    • avril 25, 2010 10:57

      Ma logorrhée t’a visiblement passionné. :D
      Je vais voir ce qu’on peut dire à propos de ce bon vieux Klaus Maertens.

  2. avril 25, 2010 12:22

    Une tuerie que cette chronique Bonnie !
    Inspirée et inspirante !
    J’en connais qui parle comme ça et qui finisse Ministre de la culture en un rien de temps !
    Bon, décision est prise, je finis péniblement mais rapidement les 5 bouquins que je me traine depuis 2 ans et j’entame fissa celui de la mère Drake. Je suis sûre que tu auras eu le temps d’ici là de digérer la bio de notre bien aimé Gainsbourg et d’en faire un merveilleux billet dont toi seul a le secret.

    • avril 25, 2010 4:42

      Hahaha. Ministre de la Culture. Et pourquoi responsable de la stratégie et des contenus d’un opérateur telco, tant qu’on y est ? ;-)
      Je pense que tu ne seras pas déçue par le bouquin, tiens-moi au courant.

  3. avril 25, 2010 2:00

    Et bien, les 900 pages sur Gainsbourg, je les ai lues avec délectation il y a quelques années. Ce fut très digeste. Normal, ce doit être, en exagérant juste un poil, le seul francophone de ma discothèque pourtant bien étoffée.

    En lisant ton billet, je n’ai d’ailleurs eu qu’une envie musicale : une bonne dose de Ramones ^^

    • avril 25, 2010 4:46

      Ah nous sommes dans le même cas : je suis assez peu sensible à la chanson française, Gainsbourg est bien le seul qui traverse les années sans lassitude de ma part. Les anglo-saxons ne s’y trompent pas, c’est la seule référence musicale française qu’ils consentent à donner – Vanessa Paradis ne compte pas.

      Oh les Ramones ! J’aurais bien voulu un tee-shirt, mais je crois que Lindsay Lohan en avait un, ça m’a calmée.

  4. avril 25, 2010 5:58

    J’adore, j’arrive ici un grand jour ici ! T’as un excellent côté pince-sans-rire ; )
    « Le maniaco-dépressif vs le psycho-rigide » oh que c’est bien dit ! Et KL reste un excellent philosophe qui a su très bien définir la mode : »la mode c’est pas avoir un bâton dans l’cul, tout ce qui est coincé n’est pas in »
    C’est clair que Nicole Richie n’a rien inventé (contrairement à Lindsay Lohan!)
    Betty 4roues et Loulou la falaise, j’adore, ça fait pègre marseillaise !

    • avril 25, 2010 6:32

      Arf, c’est vrai que je suis un peu peau de vache avec KL, ça doit être mon côté Kaiser. Disons qu’YSL était mort encore vivant, et Karl foncièrement vivant à un âge où on devrait être presque mort.

      Ce qui m’a impressionnée, c’est une scène qui se déroule au moment où Gian Franco Ferre prend la direction chez Dior : KL dessine pour la plaisanterie des collections Dior à la façon de Ferre donc, puis Rykiel, etc… en à peine qq minutes, il endosse la panoplie d’Untel vu par Untel. Entre le vampire et le caméléon, il absorbe les codes passés, renifle le présent et sent l’avenir. C’est un don qu’on ne peut lui retirer. J’aime beaucoup cette citation « Je suis une sorte de nymphomane de la mode qui n’atteint jamais l’orgasme. J’attends toujours quelque chose de la fois suivante »

      J’aime beaucoup le personnage de Loulou, c’est une créatrice et elle a une vraie joie de vivre. Avec son mari Thadée Klossowski, ils ont vraiment la classe.

      • avril 26, 2010 8:20

        Karl a toujours été un mort vivant, et ses interviews ressemblent beaucoup à un entretien avec un vampire de la mode ! ses citations restent cultissimes, la meilleure pour moi c’est « la mode, c’est du pipi d’chat » !
        « Entre le vampire et le caméléon, il absorbe les codes passés, renifle le présent et sent l’avenir. C’est un don qu’on ne peut lui retirer. » c’est du grand art Bonnie, j’ai failli exploser mes cloisons nasale avec la pression de mon coca en rigolant ! Dans mes bras !!

  5. avril 26, 2010 7:02

    j’ai lu ton billet hier soir.
    Je l’ai relu ce matin dans le métro.
    je l’ai rerelu là tout de suite.

    je crois que je vais attendre de pouvoir en discuter avec toi tellement ce billet m’impressionne, quel travail Bonnie, quelle écriture, comme j’aimerais te lire plus souvent!

    • avril 26, 2010 9:17

      Rôoo mais je suis gênée, maintenant !!! Merci ;-)
      Bon, on se voit dans pas longtemps, on pourra en discuter si tu le souhaites !

  6. avril 26, 2010 12:01

    Ben moi j’attends déjà le billet sur le Palace merci bien (quoi on peut pas passer commande ?).
    Ça m’a donné envie de lire le bouquin.
    Très intéressante cette mise en perspective et effectivement Lagarfeld en ressort bien édulcoré et finalement ça conforte ce que je ressentais à son encontre (outre le fait que je m’en tape la plupart du temps).

    • avril 26, 2010 3:29

      C’est vrai que sur le Palace, y a de quoi écrire… Sur les figures du lieu : les physionomistes Edwige et Jenny, sur le propriétaire Fabrice Emaer, sur les clients aussi… Les itw de Frédéric Mitterrand et de Jack Lang donnent un éclairage particulier à cette époque. ça peut paraître exagéré comme ça, mais je l’ai finalement perçue comme une sorte de mouvement… pas forcément populaire soyons clairs – pour rentrer clairement, fallait être soit looké soit quelqu’un – mais c’est drôle de voir comment certaines « élites » ont embarqué des influences de ce que s’y passait avec eux….

      Arf, Karl : à sa décharge, le livre le gratifie d’une qualité de travail exceptionnelle, d’une intelligence vive et d’un caractère hors du commun, le seul à pouvoir affronter un Bergé par exemple. Finalement, en dévoilant leurs faiblesses, le livre rend toute cette clique plus humaine et attachante.

  7. VGD75 permalink
    avril 26, 2010 3:21

    Je n’avais aucune envie de lire ce livre car les querelles de couturiers, je m’en balance. Après avoir lu ton billet, ça m’a donné envie finalement!

    • avril 26, 2010 3:34

      Bonjour VGD75,

      Bon, en même temps, ça parle quand même un peu mode hein ! Moi, j’y suis sensible donc forcément, le sujet ne me dérange pas. Y a aussi quelques passages intéressants sur l’art déco, par exemple (YSL vivait dans un musée, Goya et Cie, j’ose espérer qu’il y avait des patins pour pas rayer le parquet)

  8. avril 26, 2010 8:52

    @M1 : ah bah voilà, je me prends pour Janie Samet et on se moque de moi. Bon, je me relis et c’est vrai que c’était d’un lyrisme douteux, ma sortie de cet après m. Mais en fait, tu as raison : alors que YSL est, selon la légende, né dépressif, Karl est né déjà mort. Tout s’explique et notamment, son obsession pour l’avenir. T’as essayé les Mentos dans le Coca ? ;-)

  9. avril 27, 2010 9:05

    Je ne me moque pas du tout ! Je trouve tout simplement que ta phrase sur Karl est terrible, je pense que t’es le diable qui s’habille en Prada : )
    Karl est né mort, mais ça lui réussit plutôt bien ; )
    J’ai essayé les mentos, mais pas dans le coca : )

  10. avril 28, 2010 4:30

    Je suis sans voix et sans doigts. Fascinée aussi et rêveuse. Je rêverais d’être aussi mystérieuse que Betty (avec saharienne) stone à Marrakech et d’écrire aussi bien que toi.

  11. avril 28, 2010 7:51

    Qu’est ce que t’écris biiiiieeeennnnn….
    Effectivement j’aimerais beaucoup lire un billet de toi sur le Palace !
    Bon je ne commente pas plus longuement parce que j’ai du boulot, mais c’était vraiment très intéressant !

  12. avril 28, 2010 7:46

    @Patricia : oué j’aurais bien du mal à choisir entre un smoking et une saharienne YSL. Ou être Betty, Loulou, ou Talitha. Mais bon, ça tombe bien, je n’ai pas ce genre de dilemme non plus ;-)
    @France : Oui en fait, le Palace, je ne connaissais pas si bien que ça, et c’est ce que j’ai aimé dans ce bouquin, il te donne envie d’explorer beaucoup de domaines… Par exemple, ça m’a donné envie d’explorer côté Art Déco, c’est un thème qui revient souvent. Ces gens vivaient dans des univers avec beaucoup de références, ils s’amusaient à composer des personnages.

    @tous : merci de tous les compliments, ça me touche beaucoup ;-)

  13. mai 10, 2010 8:46

    J’ai à peine commencé ce Beautiful people, que j’ai déjà acheté la bio Saint Laurent de Laurence Benaïm, que je croyais avoir lue à sa sortie mais en fait non. Et après, je crois que je vais arrêter, avec YSL, hein.

  14. Thomas de Bascher permalink
    janvier 11, 2011 6:23

    Il semble que Bonnie ne connaisse pas parcoeur l’histoire de Jacques de Bascher (mon oncle) sans quoi elle saurait 2 choses:
    1° Naguère, il était d’usage de porter le nom du fief familial.Cette pratique était juridiquement acceptée. Beaumarchais est une propriété familiale en vendée, où Jacques a passé du temps dans son enfance, et à laquelle il était attaché.
    2° Il est plus accrocheur de dépeindre une personne sous ses aspects « vénéneux » (et tellement courageux, surtout quand cette personne n’est plus là pour distiller son venin)que de dévoiler sa générosité son humour et sa fantaisie. Or, donc, qui a vraiment connu Jacques, savait que l’usage qu’il faisait du patronyme Beaumarchais était tout simplement du 2nd degré, et un clin d’oeil à ce lieu qu’il affectionnait. Quand aux colibets aigris des sots qui lui prêtent une frustration présumée quand à ses origines…

  15. janvier 11, 2011 7:22

    Mon article est issu de la lecture de « Beautiful People » ; vous êtes apparemment de la famille, je m’incline donc devant votre connaissance de la personne, je ne peux (ni ne veux) lutter, c’est évident. Merci de votre éclairage sur le sujet.

    A vous lire, je me fais les remarques suivantes – et je les partage (je veux dire, tant qu’à me faire tancer, allons-y au bout)

    1° Vous semblez opposer humour, fantaisie et aspects plus « vénéneux ». C’est bizarre, mais j’ai moi l’impression que ces pans de personnalité ne sont pas incompatibles, voire carrément complémentaires. Enfin, de cette lecture, je garde ce souvenir. Je relis en diagonale mon post – c’est un peu vieux, je voulais savoir quelles horreurs j’avais pu proférer – et je retombe sur cette citation « il était impossible, il était odieux, il était parfait ». C’est idiot, ça me fait sourire, mais j’aurais pu mettre cette même phrase au front de mes grands amours. Enfin bon, le côté sombre des êtres m’intéresse.

    2° Quant à la « frustration présumée quand à ses origines » : hum, je crois que parfois on trouve dans notre creuset le ressort de bien des choses. Moi par exemple – désolée, je parle beaucoup de moi mais je suis sûre qu’au moins, personne ne peut venir m’en disputer la légitimité – je sais que c’est souvent fondateur.

    C’est drôle finalement : même si le bouquin de Drake est un ramassis de conneries – c’est ce que vous dîtes, non ? – votre oncle n’en demeure pas moins le personnage le plus intéressant.

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